Quel avenir pour L’Ecoquartier Flaubert ?

Quel avenir pour L’Ecoquartier Flaubert ?

L’incendie de Lubrizol pose de nombreuses questions pour la santé et la sécurité des Rouennais et des Métropolitains. Les Rouennais doivent connaitre en temps réel et par voies officielles la situation sanitaire et ses conséquences à court, moyen et long terme.

Tous les décideurs doivent apprendre de cet accident grave. La question de l’avenir de l’Ecoquartier Flaubert est évidemment posée. Faut-il ou non maintenir le projet ?

Avant de répondre, quelques informations préalables :

Les 3 conseillers métropolitains de notre groupe « Rouen, c’est vous !» ont toujours soutenu ce projet qui s’inscrit dans le développement des quartiers Ouest de Rouen (aménagement des quais, quartier Dock Luciline).

Pour asseoir notre position, nous avons lu les rapports d’enquêtes et d’experts préalables au projet. Ainsi le rapport d’enquête publique du 21 décembre 2015 (Commissaire Enquêteur B. Ringot) donnait un avis favorable à ce projet. Aujourd’hui la relecture de ce document interpelle.

Lubrizol qui jouxte le futur Ecoquartier Flaubert n’est mentionné qu’une seule fois (page 28). Le plan de prévention précise que le futur quartier Flaubert n’est pas exposé aux situations critiques de cette entreprise (sic). Dans ce rapport, un citoyen s’interroge sur le fait que le risque industriel ne s’arrête pas aux traits pointillés du plan (p.48). La réponse du commissaire d’enquête basée sur l’avis de l’autorité de l’environnement CGEDD et sur le périmètre d’exposition aux risques définis par le Préfet est la suivante : « L’Ecoquartier Flaubert, même s’il est sous les vents d’ouest, est hors des périmètres d’exposition aux risques industriels, en particulier celui de l’entreprise Lubrizol ». C’était en 2015….

Selon moi, le principal enseignement de cette catastrophe est que les Plans de Préventions des Risques Technologiques (sur lequel se base les conclusions) ne prennent pas en compte l’hypothèse ultime de risque que nous venons de vivre : à savoir la destruction du site par un incendie ; l’usine qui part en fumée. Or le nuage de fumée ne connait pas de périmètre restrictif.

Alors faut-il abandonner le projet Flaubert ? Répondre oui, nous élus, conduirait à une impasse. Nous stopperions définitivement le développement de Rouen, et cette décision remettrait en cause le bien fondé de l’aménagement des quais (ex. le 106, le 107, le siège de la métropole) et du quartier Luciline qui fait face au projet du quartier Flaubert. Les habitants de ces secteurs seront toujours en première ligne si la catastrophe venait à se reproduire (pour rappel, 10 % du site a brûlé) : le nuage de fumée ne respectant pas le périmètre prévu par les autorités.

Répondre Oui, serait terrible pour l’image de Rouen (qu’il va déjà falloir reconstruire). Nous donnerions l’image d’une ville qui capitule face aux risques industriels. Une ville où les projets de constructions nouvelles, d’investissements dans une nouvelle économie, de reconquête des friches industrielles seraient abandonnés face au risque que représente une usine Seveso.

Pour éviter cette impasse le projet de l’Ecoquartier Flaubert doit être rediscuté. Un nouveau rapport d’enquête publique doit clairement énoncer les risques liés à une destruction totale de l’usine par le feu (nous savons aujourd’hui que l’hypothèse est possible). Des solutions concrètes garantissant l’information et la sécurité des riverains ont été développés dans d’autres territoires qui sont à proximité de sites Seveso.

Toutefois, si les conclusions de ce nouveau rapport invalidaient le projet de l’Eco-quartier Flaubert, parce que trop dangereux pour les futurs habitants du quartier, alors il faudrait conclure que la présence de Lubrizol est trop risquée pour les habitants de la Métropole.

 

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