Tribune Rouen Mag

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Faire le bilan des trois premières années du mandat, c’est faire le bilan de trois années de renoncement.

En 2014, durant la campagne municipale, nous évoquions nos craintes de voir notre ville s’évaporer dans sa métropole. Ces craintes étaient malheureusement fondées. En effet, les transferts de compétence se sont multipliés (musées, voirie, habitat,…) mettant en lumière l’incapacité de l’actuelle majorité à négocier deux choses essentielles : les frais de centralité (tous les habitants de l’Agglomération utilisent nos services) en même temps que la possibilité de continuer à influencer les grandes décisions qui concernent Rouen. Concessions fâcheuses, occasions manquées, qu’une nécessaire alternance, le moment venu, devra réexaminer.

A cela s’ajoute la baisse massive des dotations de l’Etat imposée par les gouvernements de François Hollande (c’est un comble !), poussant la majorité municipale à augmenter les impôts, trahissant au passage un engagement de campagne, et à entamer une politique d’économies que l’on peut qualifier, sans exagérer, d’arbitraire. Le meilleur exemple est l’inacceptable suppression des colis de Noël de nos aînés. Le rabotage comptable et les augmentations de tarifs sont devenus l’essentiel des conseils municipaux.

Depuis le début du mandat, exception à la règle, un seul projet est à la hauteur du rayonnement de la capitale de la Normandie, Cœur de Métropole est un début de réponse au délabrement de la voirie rouennaise. Grâce au concours du Département, de la Région et de l’Agglomération, nous allons enfin commencer à combler notre retard sur les grandes villes françaises. La comparaison avec Bordeaux et Nantes est aujourd’hui cruelle alors que le destin de ces trois villes, dans l’Histoire, a si souvent été associé. Certes la situation financière de Rouen est compliquée mais tout est, d’abord, une question de priorité. Par exemple, avait-on besoin d’une ligne T4 alors même que le chantier du Contournement Est n’est pas lancé ? Notre réponse est définitivement non. De plus, les élus se doivent de bien gérer l’argent public, c’est-à-dire pour mémoire, l’argent des contribuables et, mieux encore, se soucier du retour sur investissement.

Reste, pour finir, le plus important, le manque total d’imagination et d’enthousiasme de l’actuelle majorité municipale, qualités essentielles, qui donnent aux acteurs l’envie de s’investir toujours plus. Ils attendront. Les Rouennaises et les Rouennais attendront.

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